Un détenu a mis en cause une surveillante de la prison de Tarascon

Mardi après-midi, le tribunal correctionnel de Tarascon a relaxé Karim. Mais qui alors, a fait pénétrer dans l’enceinte du centre de détention de Tarascon, pas moins de 575 grammes de résine de cannabis et cinq téléphones portables ?

« Elle m’a piégé »

C’est la question que l’on était en droit de se poser suite au procès de ce quinquagénaire qui accusait carrément une surveillante pénitentiaire de l’établissement. « J’étais dans ma cellule quand elle a ouvert la porte et m’a dit « tiens » en me tendant une pochette. Je ne savais pas de quoi il s’agissait alors je l’ai rangée sous mon lit en attendant… Et c’est là que les surveillants sont arrivés pour l’inspection » racontait Karim. « Elle m’a piégé, c’est clair. Mais pourquoi, je n’en sais rien« . Sûr de lui, ce délinquant d’expérience, puisqu’il a déjà passé onze ans derrière les barreaux au gré de plusieurs condamnations, affirme qu’il n’a pas ouvert la pochette et que cela aurait été facilement vérifiable si on avait pris la peine de relever les empreintes. Ces accusations auraient pu ne rester que « la parole sans valeur d’un détenu » dixit l’avocate de la défense, si la personne qu’il met en accusation n’avait eu un comportement sujet à caution.

En effet, si la fouille a été décidée ce jour-là, c’est justement parce que les collègues de la surveillante avaient soupçonné quelque chose d’anormal. En arrivant au travail, d’abord, cette surveillante avait pénétré dans l’enceinte de la prison avec un sac à dos opaque alors que le règlement, fraîchement rappelé au personnel, imposait des sacs transparents.

Les explications de la surveillante pénitentiaire n’ont pas convaincu

Ensuite et surtout, elle s’était emparée d’une clé à laquelle elle n’avait normalement pas accès, sans signer aucun document, pour pénétrer dans un quartier de détention où elle n’avait rien à faire. Ses explications n’ayant pas convaincu, la surveillante avait été placée à l’époque des faits (en 2010) en garde à vue, sa maison perquisitionnée. On y avait retrouvé la lettre d’amour, plus que déontologiquement mal venue, d’un détenu, mais rien qui puisse prouver un quelconque trafic de la part de cette femme en situation de surendettement.

« En l’état, il n’y a donc pas assez d’éléments pour la renvoyer devant ce tribunal » concluait donc mardi, la substitut du procureur Gwenaelle Le Flao, qui regrettait que les investigations n’aient pas été poussées plus loin, avec au minimum une confrontation entre les deux suspects. Mais qui restait déterminée à faire condamner Karim à 2 ans de prison.

La défense s’est donc attelée à générer suffisamment de doutes dans l’esprit du tribunal. « Il a reconnu être en possession d’un sixième téléphone portable, découvert dans son radio-réveil, alors que celle qu’il accuse n’a cessé de changer de version des faits. Même la direction du centre de détention loue la probité et le professionnalisme de tous ses agents… Sauf elle ! » a plaidé maître Alexandra Stora.

Face à tant d’incertitudes, le tribunal a condamné Karim seulement pour le téléphone dans le radio-réveil, à 4 mois de prison qu’il a déjà effectués.

 

Source : http://www.laprovence.com/article/actualites/2452831/tarascon-a-qui-etaient-le-cannabis-et-les-telephones-portables.html
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