Fabrice Boromée, emmuré vivant

Enfermé dans une cellule spéciale, dite de force, le jeune détenu n’est pas allé en promenade depuis trois ans. Jean-Sébastien Evrard/AFP

Enfermé dans une cellule spéciale, dite de force, le jeune détenu n’est pas allé en promenade depuis trois ans. Jean-Sébastien Evrard/AFP

Transféré de force en métropole, ce détenu guadeloupéen de 36 ans est à l’isolement depuis cinq ans. Condamné à huit ans en 2010, il a vu sa peine prolongée jusqu’en 2038.

Lentement, Fabrice Boromée est en train de devenir fou. Ceux qui correspondent avec lui le remarquent par de petits détails, sa syntaxe et son orthographe par exemple, qui se dégradent. Comment pourrait-il en être autrement ? Entré en prison en 2010 pour huit ans, ce Guadeloupéen de 36 ans a cumulé, derrière les barreaux, jusqu’à vingt ans de peines additionnelles qui le conduisent jusqu’en 2038. Transféré de force en métropole où il ne reçoit aucune visite, à l’isolement continue depuis cinq ans et un mois, changé de prison régulièrement pour des raisons de sécurité, Fabrice Boromée n’a quasiment plus aucun contact avec des êtres humains.

Depuis avril dernier, à la centrale de Saint-Maur, près de Châteauroux (Indre), il est enfermé dans une cellule spéciale, dite de force. « L’administration pénitentiaire le considère comme un monstre, résume Florent, du journal l’Envolée, qui correspond avec lui depuis deux ans. On lui jette son repas à travers la grille comme à un chien. » Il n’est pas allé en promenade depuis trois ans ; ses sorties pour la douche ou le téléphone se font menottes aux poignets, sous la surveillance d’escortes casquées. Pour son avocat, Benoît David, « ce traitement pourrait être assimilé à de la torture blanche, une torture psychologique qui laisse de lourdes séquelles ».

Matons casqués et menottes pour tous ses mouvements

« Les détenus à l’isolement bénéficient des mêmes droits que les autres, modère une source pénitentiaire. Ils ont accès au sport, à la promenade, à la bibliothèque, au parloir. Ils sont en contact avec leur avocat. Et il existe une telle densité en prison qu’on n’est jamais complètement isolé… » Pas sûr que l’argument convainque Fabrice Boromée. Le 17 janvier 2017, il écrivait, depuis le mitard de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) : « Maintenant on est en 2017. Et toujours avec les matons casqués et les menottes au cachot pour tous mes mouvements. Tout ça commence à aller trop loin, je me demande jusqu’à quand cette souffrance va continuer. » Pour son amie Christine Ribailly, elle-même ancienne prisonnière, « l’administration pénitentiaire ne le considère plus comme un être humain, elle le gère, c’est tout. Lui rêverait que le médecin entre dans sa cellule et lui parle, il a des envies de tendresse comme un gamin battu, ce qu’il a été toute sa vie ».

Né le 31 décembre 1980 en Guadeloupe, Fabrice Boromée est placé avec son frère dans une famille d’évangélistes violents. À 10 ans, il connaît ses premières bagarres de rue ; à 16 ans, il intègre les gangs. C’est à cet âge que, pour la première fois, il tombe pour violence avec arme. Dès lors, il ne sortira quasiment plus de prison. Cette vie de détenu bascule le 8 août 2011, lorsqu’il est déplacé en métropole. « Ils m’ont transféré de force en France, à Fresnes, loin de ma famille… » raconte-t-il en 2016 dans une lettre intitulée Ma vie de taulard.

« La situation des détenus d’outre-mer transférés en métropole est catastrophique, dénonce François Bès, de l’Observatoire international des prisons. On leur fait du chantage : soit vous restez dans des prisons surpeuplées, où il n’y a pas de formation, pas de travail et beaucoup de tensions, soit vous acceptez le transfert en métropole, où vous pourrez travailler et préparer votre réinsertion. Certains sont transférés de force pour des questions de sécurité (c’est le cas de Fabrice Boromée – NDLR). Une fois ici, avec le prix du téléphone et le décalage horaire, les liens se délitent. Cet isolement est très dur à vivre. » La métropole compte actuellement quelque 600 détenus d’outre-mer.

Depuis 2011, Fabrice réclame en vain de retourner en Guadeloupe près de son frère, la seule famille qu’il lui reste. « On pourrait dire vulgairement que, depuis son transfert, il a pété les plombs », confie son avocat Benoît David. Le premier incident date de septembre 2013 : « On lui annonce la mort de son père en rigolant, il balance la table devant lui. » Il écope d’un an supplémentaire. En 2013, il prend en otage un surveillant, huit ans. Rebelote en 2015, trois ans. Fabrice Boromée en est aujourd’hui à neuf peines additionnelles, soit dix-neuf années et six mois supplémentaires d’incarcération. Entré en 2010 pour huit ans, il est actuellement libérable le 20 avril 2038. « Quand le cercle vicieux se met en place, il est difficile à arrêter », reconnaît une source pénitentiaire, qui précise que l’administration pénitentiaire (AP) n’est pas responsable de la durée de détention, décidée par les magistrats. Pour Florent, au contraire, « cette affaire est symptomatique des contradictions du système pénal et carcéral : ils ont fabriqué cette impasse dans laquelle se retrouvent Fabrice et l’AP. On a judiciarisé tous les conflits à l’intérieur de la prison, les peines s’allongent à l’infini. Fabrice n’a aucune perspective, qu’est-ce qu’il peut attendre ? Ils sont en train de le tuer ou de le rendre fou »…

En juin, Fabrice Boromée a refusé de sortir de la douche. Ce sont les Équipes régionales d’intervention et de sécurité (le GIGN de la prison) qui l’ont sorti de force. « Ils lui sont tombés dessus à huit cagoulés pendant une heure et demie, dénonce Christine Ribailly. Et ont même utilisé une grenade assourdissante. » À moitié sourd d’une oreille, Fabrice est resté au mitard quatre jours sans être ausculté par un médecin. En revenant dans sa cellule spéciale, il a appris qu’une douche allait y être installée.

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JUSTICE POUR ADAMA TRAORE

 

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Adama Traoré, jeune homme de 24 ans, est tué le 19 juillet 2016, le jour de son anniversaire, lors de son interpellation par des agents de la gendarmerie de Persan.
Lors de cette interpellation, alors qu’il n’oppose aucune résistance, il est maintenu au sol sous le poids de trois gendarmes qui le menottent. Il se plaint à de nombreuses reprises de ne plus pouvoir respirer et perd connaissance dans le véhicule. Une fois à la gendarmerie, il est laissé gisant au sol, encore menotté. Les pompiers ne parviendront pas à le réanimer. Ce sont, sans nul doute possible, les techniques d’interpellation, la clé d’étranglement et le plaquage ventral, qui l’ont tué. Des techniques à l’origine de nombreuses morts, et qui ce jour-là ont été utilisés contre lui.
Depuis ce soir, les autorités de la gendarmerie, la mairie de Beaumont-sur-Oise, les instances judiciaires ou encore le ministère de l’intérieur ont déployé un tissu de mensonges et on exercé toutes les pressions possibles afin d’entraver notre lutte pour la Justice et la Vérité pour Adama. 

La mort d’Adama s’ajoute hélas à la longue liste des victimes des meurtres et des mutilations perpétrés par les forces de l’ordre. L’histoire de notre fils, frère et ami fait aujourd’hui écho à des centaines d’histoires ignorées ou méprisées par la justice. Le combat mené depuis 1 an à présent a permis de mettre en lumière de nombreux mensonges des institutions judiciaires et politiques. Cette lutte menée par la famille, les amis et les habitants de Beaumont-sur-Oise, Champagne, Persan, Bruyère et toutes les villes limitrophes a su être efficace et ce dès le lendemain de la mort d’Adama. Les circonstances de la mort d’Adama ont ainsi être pu clarifiées. Grâce à une contre-expertise demandée par la famille, il est désormais établi que l’asphyxie est la cause de sa mort. 

Cette lutte ne s’est pas faite sans sacrifices et sans douleurs. Depuis la mort d’Adama, notre famille doit affronter l’acharnement et la répression des institutions judiciaires. Depuis le 19 juillet 2016, Bagui, Youssouf, Cheikne et Yacouba Traoré, Dooum’s et d’autres soutiens ont été arrêtés et certains dorment toujours derrière les barreaux. La lutte pour la Vérité et la Justice au nom d’Adama est un pénible parcours où tout est mis en œuvre afin de détruire notre famille en nous harcelant et en tentant de nous noyer sous les affaires. La première violence provient des gendarmes responsables de la mort de notre frère, fils et ami Adama. Or, c’est notre famille et nos quartiers que la Justice tente de criminaliser. Nous devons nous battre pour notre droit à la Vérité et la Justice alors même que les gendarmes responsables de la mort d’Adama n’ont à ce jour pas été entendus par les gendarmes afin de procéder à une mise en examen. 

Bagui et Yacouba Traoré, Doom’s et tous nos soutiens qui sont toujours en prison doivent se battre depuis leur cellule pour la Vérité et la Justice. Nous mettons toutes nos forces dans ce digne combat. 

C’est pourquoi nous vous invitons tous à participer à la première commémoration de la mort d’Adama Traoré le samedi 22 juillet 2017 à Boyenval, Beaumont-sur-Oise.
Nous marcherons en son nom dès 14h30. Nous organisons également un grand repas, de nombreux échanges, un théâtre forum et des animations pour enfants. Nous vous attendons nombreux et nombreuses pour cette journée aussi important qu’intense dans notre combat.

RENDEZ-VOUS SAMEDI 22 JUILLET DÈS 14H A BOYENVAL, BEAUMONT-SUR-OISE 

Pas de Justice, pas de Paix!

Le comité Vérité et Justice pour Adama

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PROGRAMME:

14h30: Marche au départ du rond-point de Beaumont-sur-Oise, après le pont

Au retour de la marche sur le terrain de Boyenval, plusieurs activités:

– Echanges et débats
– Théâtre Forum de mise en situation des violences des forces de l’ordre et prévention par l’auto-défense civique
– Jeux et structures gonflables
– Grand repas

Sur FB : https://www.facebook.com/events/1339323109479113/

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Rassemblement Procès en Appel Bagui Traore, Frère d’Adama Traore

Bagui a été injustement condamné le 14 décembre 2016 pour « outrages », « rébellion » et « menaces de mort » sur agents de la police municipale de Beaumont-sur-Oise (soit 8 mois de prison ferme et 2 ans d’interdiction de séjour sur Beaumont-sur-Oise), alors même qu’aucune preuve n’a été apportée lors de son procès. Il est depuis novembre 2016 enfermé, sans pouvoir voir sa famille et ses proches. Il subit atrocement les pressions des gendarmes et des autorités publiques et l’acharnement des institutions judiciaires. Nous savons que tout est mis en oeuvre pour décrédibiliser son témoignage clé dans l’instruction portant sur la mort de son frère. Ayant déjà soulevé les incohérences importantes et ce dès les premiers jours après la mort d’Adama, il doit maintenant faire face à de nombreuses charges. Depuis son incarcération, cinq charges lourdes et graves lui ont été rajoutées et pèsent sur lui, dont celle de « tentative d’assassinat ». Il s’agit là, non plus de le déstabiliser mais de le tuer psychologiquement, alors qu’il porte encore le deuil de son frère Adama.

Les conditions de son incarcération sont proprement indécentes et scandaleuses, pour lui comme pour sa famille. Nous vous appelons à vous rassembler, mardi 25 avril, à la cour d’appel de Versailles, où nous faisons appel de sa condamnation de décembre dernier. C’est aussi l’occasion de montrer tout votre soutien à notre famille et à notre frère qui dort depuis trop longtemps en prison.

 

Plus d’infos sur : https://www.facebook.com/events/122308598318315/

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Meeting BAGUI TRAORÉ, nouvelle figure du Prisonnier Politique – frère d’ADAMA TRAORÉ

Le 17 novembre se tenait le conseil municipal de la ville de Beaumont-sur-Oise. Mme Nathalie Groux voulait alors inscrire à l’ordre du jour la prise en charge par la municipalité de ses frais judiciaires ainsi que de sa protection personnelle, car elle voulait porter plainte contre Assa Traoré pour diffamation. Les habitants de Boyenval et la famille Traoré ont voulu assister à ce conseil. À l’entrée de la mairie, ils sont accueillis par une cinquantaine de policiers municipaux et de gendarmes. L’entrée leur est bloquée et ils doivent subir des violences de la part des forces de l’ordre. Le conseil est alors annulé et ajourné. Le soir même, le quartier de Boyenval subit une expédition punitive. Cette expédition n’était rien d’autre que les représailles de la gendarmerie contre les habitants venus assister au conseil.

Bagui Traoré et son frère Youssouf vont ensuite être arrêtés 5 jours plus tard, soit le matin du second conseil municipal ajourné au 22 novembre. Ils sont accusés d’« outrage », de « violences » et de « menaces de mort » à l’encontre d’agents de la police municipale. Après un procès de 11 heures, nos frères, fils et amis Youssouf et Bagui Traoré ont été déclarés coupables des faits qui leur étaient reprochés, alors qu’aucune preuve formelle n’a pu être apportée et malgré les aveux de faux témoignages des parties plaignantes. Youssouf a été condamné à 3 mois de prison aménageables. Bagui a quant à lui été condamné à 8 mois d’emprisonnement avec maintien en détention et deux ans d’interdiction de se trouver à Beaumont-sur-Oise. Ils doivent également dédommager les policiers, pour un total de 7 400 euros. À la suite de cette condamnation, Bagui doit aussi exécuter une peine de prison de 9 mois supplémentaires, un sursis qui date de 2010.
Le procès en appel de Bagui Traoré aura lieu le 25 avril 2017.

C’est en vue de ce procès que ce meeting aura lieu. Il s’agira de replacer la condamnation de Bagui dans le contexte de la mort de notre fils, frère et ami Adama. En effet, il est évident qu’il est incarcéré depuis le 22 novembre 2016 en raison de son action politique au sein du comité pour la justice et la vérité pour Adama.
C’est surtout parce qu’il est le témoin clé de la mort de son frère Adama que les institutions judiciaires tentent par tous les moyens de l’anéantir psychologiquement et de le briser afin de décrédibiliser sa parole. C’est bien Bagui qui est le dernier à avoir vu son frère Adama vivant et à avoir soulevé les premières incohérences de la version des forces de l’ordre expliquant les causes de sa mort. Les charges s’accumulent et les affaires noient la famille sous les procédures et détruisent leur cellule familiale. Depuis février s’ajoutent trois autres poursuites et une mise en examen pour « tentative d’assassinat sur agent de l’ordre public », de graves accusations qui dateraient des révoltes survenues au lendemain de la mort d’Adama Traoré. Mais c’est bien parce qu’il joue un rôle hautement politique que tout est mis en œuvre pour le garder derrière les barreaux. En attendant, la famille revendique toujours la mise en examen des gendarmes responsables de la mort d’Adama et leur condamnation.

Bagui n’est hélas pas un cas nouveau, ni un cas isolé. Il doit affronter, avec sa famille et ses proches, les méthodes bien courantes dans les affaires de violences policières et de crimes policiers. Elles se caractérisent par un éventail important et pénible de pratiques de criminalisation et de répression, faisant de Bagui Traoré une nouvelle figure du prisonnier politique. L’acharnement dont est aujourd’hui victime Bagui illustre les méthodes bien utiles afin de disculper les forces de l’ordre et de pointer du doigt les victimes et leurs proches, tenus pour seuls responsables des violences subies. Ce meeting permettra de mettre en lumière la situation de Bagui Traoré et de sa famille ainsi que de toutes les victimes de la justice, de distinguer les moyens de pression à l’encontre des victimes des violences policières et ainsi dégager les stratégies de défense à mettre en place.

Ce meeting se tient à Paris car nous ne dissocions pas la situation de Bagui de l’« affaire Adama Traoré », dépaysée à la capitale. Cette journée de mobilisation permettra d’apporter un soutien conséquent en perspective du rassemblement prévu devant le tribunal de Versailles le 25 avril 2017.

—-PROGRAMME—-

❖13h00 – Accueil du public

❖13h30 – Ouverture par le Comité Vérité et Justice pour Adama – Bagui Prisonnier Politique
Projection de la vidéo de la reconstitution, les dernières minutes d’Adama Traoré

❖14h00-15h45- Table ronde « De la criminalisation des victimes à leur incarcération, les quartiers face à la Justice »

• Tarek Kawtari – Membre fondateur du Mouvement de l’Immigration et des Banlieues (MIB) et de L’Écho des cités
• Mathieu Rigouste – Sociologue et essayiste, chercheur indépendant en sciences sociales et militant anti-sécuritaire.
• Geoffroy de Lagasnerie – philosophe et sociologue
• Geneviève Bernanos – mère d’Antonin Bernanos, du comité «Libérons Antonin »
• La famille Kamara de Villiers-le-Bel, criminalisée et incarcérée suite aux révoltes de 2007
• Nadia – Comité pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

❖16h – Témoignage de Youssouf et Samba Traoré

❖16h30-18h Table ronde « Autonomie et résistance : quelles défenses dans les quartiers ? »

•Zouina Meddour – ancienne membre du Forum Social des Quartiers Populaires (FSQP), ancienne directrice du centre social de la Maison des Tilleuls et chargée de la lutte contre les discriminations
• Ramata Dieng – Porte-parole collectif Vies Volées, sœur de Lamine Dieng mort dans un fourgon de police le 17 juin 2007
• Collectif Cases Rebelles – « 100 portraits contre l’État policier », Éditions Syllepse
• Assa et Lassana Traoré – Porte-parole du comité « Vérité et Justice pour Adama »
• Youcef Brakni – militant de quartier, Bagnolet
• Almamy Kanouté – Éducateur, co-fondateur du mouvement Émergence

Plus sur : https://www.facebook.com/La-v%C3%A9rit%C3%A9-pour-Adama-160752057668634/

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LIBRE APRES PLUS DE 10 ANS DE PRISON POUR L’EXEMPLE ET PAS POUR UN CRIME!

Le week end dernier, Adama Kamara sortait de prison après avoir passé 10 ans derrière les barreaux. Son frère Abderrahmane Kamara est aujourd’hui en semi liberté. La famille Kamara nous fait l’honneur de participer à notre meeting de soutien à Bagui Traoré, incarcéré et criminalisé parce que témoin clé de la mort de son frère Adama.

« Depuis février 2008, Abderrahmane et Adama Kamara sont incarcérés. Condamnés sans preuves et essentiellement sur la base de témoignages anonymes rémunérés, en 2010, puis en appel en 2011, à des peines de 15 et 12 ans de prison, les frères Kamara ont fait les frais d’un procès pour l’exemple. »
–>https://quartierslibres.wordpress.com/…/liberte-pour-les-f…/

« L’accusation ne repose que sur des témoignages anonymes, obtenus contre promesse de rémunération, et sur des témoignages douteux de co-détenus – dont l’un a cherché un contact direct avec le cabinet de Sarkozy pour être « protégé » – et de co-accusés, à qui on a promis des inculpations pour des faits moins lourds en échange de noms. Ces derniers témoignages sont tous contradictoires ou relatent des « on dit » et des « rumeurs », selon le mot même des témoins. Mais les accusés ne se nomment ni Eric, ni Liliane : pour eux, rumeurs et ragots se muent en pièces à conviction. »

Lire plus : https://www.bastamag.net/Villiers-le-Bel-un-proces

 

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Enfermer les étrangers, ça rapporte !

Les centres de rétention administratives sont des lieux d’enfermement où les personnes étrangères sans-papiers sont placées sur décision d’un préfet, afin d’organiser leur expulsion du territoire. En 2015, près de 48 000 personnes y ont été enfermées. Une statistique déprimante quand on se bat pour l’égalité et la liberté de circulation… mais alléchante pour ceux qui investissent dans cette industrie xénophobe !

Le 19 août, un avis d’attribution de marché public annonçait le nom des entreprises retenues par la Préfecture de police de Paris pour intervenir au centre de rétention du Mesnil-Amelot. Un marché à 950 000 euros par an, à reconduction tacite pendant quatre ans.

Cet appel d’offre concernait la « réalisation de prestations multi-services et multi-techniques ». C’est large. Et pour cause : il s’agit de sous-traiter toutes les tâches nécessaires au fonctionnement d’un centre, et que les flics ne réalisent pas eux-mêmes : ménage, entretien des installations, gestion du linge, cuisine… Exactement comme le font les prisons. Et ça tombe bien, puisque les heureux gagnants de l’appel d’offre sont deux partenaires très réguliers de l’administration pénitentiaire.

Le premier vainqueur est Engie Axima, qui est comme son nom l’indique une filiale d’Engie (anciennement GDF-Suez). Ses spécialités ? Chauffage, climatisation, ventilation, sécurité incendie, portes automatiques… On comprend que les lieux d’enfermement constituent un marché juteux pour la boîte, contribuant à son chiffre d’affaires annuel : 1,3 milliards d’euros.

Le deuxième vainqueur est GEPSA, qui s’occupe notamment de restauration, de nettoyage et de blanchisserie. Comme son nom ne l’indique pas, GEPSA est une filiale de Cofely, qui est une filiale… d’Engie. Bien joué !

Les bénéfices dégagés se répartiront donc entre les différents actionnaires de la multinationale, à commencer par l’État français lui-même. Mais aussi le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne, la Banque postale, et d’éminentes familles capitalistes comme Frère, Desmarais ou Boël… entre autres.

Alors bien sûr, ce contrat n’est pas une première pour les filiales d’Engie, déjà présentes dans de nombreux centres de rétention (Palaiseau, Plaisir, Calais, Lille, Toulouse, Nice, Sète, Rennes, Metz, Lyon…). Bien sûr, il représente une goutte d’eau dans les profits d’Engie ou de ses concurrents sur ce sordide marché, tels que Compass, Sodexo ou Vinci. Bien sûr, c’est un petit rouage de la grande machine raciste qui fiche, traque, matraque, enferme, expulse, tue ou laisse mourir… Mais il est toujours bon de rappeler que cette machine remplit des portefeuilles en même temps qu’elle broie des vies.

 Source : http://paris-luttes.info/enfermer-les-etrangers-ca-rapporte-6618
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CAGNOTTE DE SOLIDARITE A RACHID INCARCERE EN THAILANDE

Rachid s’est fait arrêter au surlendemain de son arrivée en Thaïlande avec un de ses « amis.

Rachid clame son innocence depuis le mois de janvier 2016 et attend son procès définitif en octobre.

Il risque 50 ans de prison pour utilisation frauduleuse de carte bleue.

C’était la première fois que mon frère voyageait. Il a fait sa vie en France tranquillement, Il travaillait et s’occupait de notre mère qui vit seule.

En février 2016,un avocat véreux connu  médiatiquement, dont je tairais le nom, nous a demandé 30.000 euros pour obtenir sa libération sous caution.

En réalité nous avons été escroqués. Rachid n’a jamais été libéré sous caution et l’argent a disparu.

Un article résumant notre détresse causée par cet avocat vient de paraître…https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/moussa-adama-traore-letrange-business-de-lavocat-karim-achou

LIEN CAGNOTTE : https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-zahoum-rachid

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Concert Solide.R en soutien à un poto incarcéré

Titre: Concert Solide.R en soutien à un poto incarcéré
Lieu: au Chinois, 6 place du Marché, 93100 Montreuil (métro croix de Chavaux)
Lien vers: Cliquer ici
Heure début: 19:30
Date: 2016-09-29
Heure fin: 23:30

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Saint-Martin-de-Ré : un détenu meurt après une altercation avec des surveillants

Un jeune homme de 32 ans, détenu dans la prison de Saint-Martin-de-Ré est mort après une altercation avec des surveillants pénitentiaires, ce mardi.

Selon la direction de l’administration pénitentiaire, le prisonnier – décrit comme « agité depuis plusieurs jours » – aurait tenté de s’introduire avec une arme blanche « de sa fabrication » dans l’infirmerie de la maison centrale.

A l’arrivée au portique de sécurité, le détenu se serait rebellé, aurait agressé un surveillant « en le mordant profondément au poignet »(… ) L’alarme est alors donnée. Quatre agents viennent prêter main forte pour le maîtriser.

Le jeune homme est ensuite conduit dans le quartier disciplinaire où il décèdera quelques heures plus tard d’une crise cardiaque.

D’après le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire, Alain Pompigne,« certains éléments font état d’une fragilité, d’une dégradation de son état de santé ».

(…) La personne détenu en question devait sortir en 2021.(…)

L’autopsie pratiquée hier a confirmé la crise cardiaque, mais n’a pas permis d’en préciser les raisons (…)

Une enquête a été ouverte par la brigade de recherches de gendarmerie de La Rochelle pour recherche des causes de la mort. La famille aurait été reçue en personne par le vice-procureur.

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/poitou-charentes/charente-maritime/ile-d-oleron/saint-martin-de-re-un-detenu-meurt-apres-une-altercation-avec-des-surveillants-1064731.html
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Graciée, Jacqueline Sauvage reste en prison

Que s’est-il joué dans le refus de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage, cette femme reconnue coupable du meurtre de son mari, tué de trois coups de fusil dans le dos en 2012 ? Le tribunal d’application des peines de Melun a-t-il considéré que la détenue n’avait pas manifesté des efforts sérieux de réadaptation sociale ? Ou s’agit-il, ainsi que le dénoncent ses avocates, Me Janine Bonaggiunta et Me Nathalie Tomasini, d’une décision « purement politique » ?

Tombée vendredi 12 août, la décision a créé la surprise, tant la grâce partielle accordée le 31 janvier par le président de la République François Hollande semblait mettre irrémédiablement Jacqueline Sauvage sur la voie de la sortie de prison. « C’est incompréhensible et choquant », ont déclaré ses avocates, qui envisagent de faire appel. Le parquet a également annoncé son souhait d’en faire autant : « Nous étions favorables à ce que Mme Sauvage sorte de prison, souligne la procureure de Melun, Béatrice Angelelli. Qui plus est dans un contexte de surpopulation carcérale. »

Jacqueline Sauvage a déjà purgé plus de trois ans de sa peine de dix ans de réclusion, principalement au titre de la détention provisoire. La grâce partielle accordée par François Hollande en sa faveur ne remettait pas en cause le fond de sa condamnation pour « meurtre aggravé », mais permettait à cette femme de 68 ans « de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle », expliquait l’Elysée à l’époque.

Lire aussi :   Débat sur le droit des femmes battues à se défendre

Mobilisation

Le geste de M. Hollande était pensé « dans le respect de l’autorité judiciaire », un rappel important tant la mobilisation politico-médiatique en faveur de la détenue, dont la condamnation avait été confirmée en appel le 3 décembre 2015, s’était polarisée sur l’idée qu’elle avait agi en situation de légitime défense, après avoir subi les violences de son mari pendant 47 ans. Le jugement condamnant Mme Sauvage « ne prend aucunement en compte la souffrance et le calvaire endurés par cette femme et ses enfants. Il ne prend pas en compte que la société dans son ensemble est responsable et complice de ce drame, complice du silence et de l’omerta qui a régné autour de cette violence », plaidait la pétition lancée en faveur de la grâce présidentielle et qui avait récolté, à l’hiver dernier, près de 436 000 signatures.

La mobilisation en faveur de la grâce présidentielle s’est également traduite par la création d’un comité de soutien, lancé par la comédienne Eva Darlan, et qui a agrégé quelque 150 personnalités, parmi lesquelles la chanteuse Maurane, l’actrice Mireille Darc ou encore le producteur Dominique Besnehard. Côté politique, il se trouvait peu de voix, à droite comme à gauche, pour ne pas soutenir la détenue. C’est ce même consensus qui s’est trouvé vendredi pour regretter le refus de libération de Jacqueline Sauvage.

Sur le réseau social Twitter, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a assimilé la décision à un « permis de tuer pour tous les hommes violents », la députée du parti Les Républicains Valérie Boyer a elle aussi dénoncé « un signal catastrophique envoyé aux femmes battues » tandis que le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a qualifié de « honteux qu’on refuse la liberté conditionnelle ».

La décision scandalise aussi Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme : « C’est l’ensemble d’un système qui ne comprend pas les violences faites aux femmes. » Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, annonce une mobilisation « dès la rentrée de septembre ». Samedi matin, une pétition sur Change.org demandant la libération immédiate de Jacqueline Sauvage réunissait déjà plus de 52 000 signatures.

« Le sens de la peine lui échappe »

Paradoxalement, si la médiatisation du cas de Jacqueline Sauvage, voulue et orchestrée par ses avocates, a permis d’obtenir gain de cause auprès du président de la République, elle semble avoir passablement joué en défaveur de sa libération. « L’importante médiatisation de son affaire rend difficile une authentique démarche de réflexion de Mme Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime, sans remettre en question son fonctionnement psychique personnel et sans s’interroger sur sa part de responsabilité dans le fonctionnement pathologique de son couple », argumente le tribunal d’application des peines dans sa décision.

« C’est un désaveu du président de la République par la justice de son pays qui n’a pas accepté la grâce », voulait croire de son côté Me Tomasini, qui a soutenu l’acquittement de sa cliente lors du procès en appel aux assises. L’avocate souligne le fait que sa cliente ne présente « aucune dangerosité ni aucun risque de récidive ». C’est aussi l’avis de l’administration pénitentiaire et de plusieurs récents rapports d’experts. « C’est aussi reconnu par le tribunal, confirme le parquet. Mais il estime que Mme Sauvage doit poursuivre sa réflexion dans un lieu éloigné de la commission des faits » au risque d’être confortée dans un positionnement victimaire.

Dans sa décision, le tribunal d’application des peines rappelle que Mme Sauvage a besoin d’aide psychique « pour remettre de l’interdit dans le passage à l’acte ». Cette notion d’interdit « n’apparaît pas encore vraiment intégrée par Mme Sauvage. Le sens de la peine lui échappe et elle a été confortée dans cette position par les soutiens dont elle a bénéficié, l’évolution très rapide de sa situation pénale et la médiatisation de son affaire ».

Pour Me Tomasini, qui n’a d’autre lecture que politique de la décision, « le débat n’est pas là ». Elle rappelle toutefois que sa cliente « bénéficie d’un suivi psychologique en prison, similaire à celui de toutes les détenues, c’est-à-dire quasi inexistant », estimant que « son manque d’introspection est lié aux insuffisances des moyens de la justice ».

 

Source ; LE MONDE | 13.08.2016
 http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/08/13/graciee-jacqueline-sauvage-reste-en-prison_4982248_1653578.html#EZRxtrfsZo4TPDTj.99
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