La nomination du juge des libertés et de la détention par décret

Dans le projet de loi « Justice du XXIe siècle » adopté par l’Assemblée nationale le 24 mai 2016, il est question du juge des libertés et de la détention. Qu’en est-il exactement ?

En effet, parmi toutes les nouveautés qui émaillent ce projet (droit de la famille, état civil, justice des mineurs, actions de groupe, etc.) figure une disposition qui constitue une avancée majeure de notre droit répressif et du statut de la magistrature : la nomina- tion du juge des libertés et de la détention non plus par le prési- dent de la juridiction, mais par décret. En d’autres termes, il sera un juge spécialisé, comme le juge d’instruction, des enfants ou de l’application des peines, bénéficiant d’un véritable cadre statutaire. Loin d’être anecdotique, cette modification constitue l’aboutissement d’un long processus qui, depuis la naissance du juge des libertés et de la détention, a vu le législateur lui confier de plus en plus de compétences et de responsabilités.

Quelles sont les principales étapes de cette construction ?

En créant à l’origine la fonction de juge des libertés et de la déten- tion (L. n° 2000-516, 15 juin 2000 ; art. 137-1 c. pr. pén.), le législa- teur a souhaité confier à un magistrat expérimenté, ayant au moins le grade de vice-président, indépendant du juge d’instruction et du parquet, la responsabilité de la mise en détention provisoire ou du maintien en liberté des personnes, y compris les mineurs déférées devant le magistrat instruc- teur, rompant ainsi avec une tradition très ancienne et mettant fin à de
récurrentes critiques. La loi demande au juge des libertés et de la détention de proposer une analyse autonome et personnelle des situations variées qui lui sont présentées dans le cadre légal. La difficile question de la détention provisoire illustre particulièrement bien l’utilité de cette distance et la pertinence de cette démarche. Il est rapidement apparu au législateur que la fonction de juge des libertés et de la détention trouverait une extension naturelle dans tous les domaines où l’atteinte aux libertés et à la vie privée des personnes serait en jeu. Ainsi, la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004, introduisant dans le code de procédure pénale toute une batterie de dispositions visant à réprimer la délinquance organisée (art. 706-73 s.), a attribué au juge des libertés et de la détention de nouvelles fonctions dans le domaine des procédures diligentées par le parquet. Il intervient ici en quelque sorte comme un juge de la mise en état des enquêtes pénales, sous la réserve que, dans ce cas, son seul interlocuteur est le ministère public, l’avocat n’y ayant pas accès. Ses pouvoirs en la matière sont très importants et le contrôle qu’il exerce s’étend sur de vastes domaines de l’enquête préliminaire ou de flagrance : prolongations de garde à vue, écoutes téléphoniques, perquisitions, etc. Ses décisions peuvent orienter l’enquête ou lui faire prendre un tour différent. On peut également citer le contrôle judiciaire ou la détention provisoire avant jugement prévus par les articles 394 et 396 du code de procédure pénale et l’exécution des mandats d’arrêt ou d’amener délivrés contre des personnes par diverses autorités judiciaires (par ex., art. 127, 133, 135-2, 410-1 et 465 c. pr. pén).
Au fil du temps, le juge des libertés et de la détention s’est vu attribuer, en outre, des compétences dans les domaines les plus divers, s’agis- sant de contrôler la mise en œuvre de mesures non contradictoires susceptibles de porter atteinte à la liberté, la vie privée ou l’auto- nomie des personnes. Il s’agit le plus souvent de contrôles admi- nistratifs et de saisies dans les domaines commercial (art. L. 450-4 c. com.), fiscal (art. L. 16 B LPF) et douanier (art. 64 c. douanes). On trouve sa trace dans le code de la défense (art. L. 1521-14 à L. 1521-18), le code de la sécurité intérieure (art. L. 312-12), le code rural et de la pêche maritime (art. L. 206-1) et le code de l’environ- nement (art. L. 218-30). Le législateur lui a également conféré d’im- portantes compétences lors de la rétention des étrangers (art. L. 552-1 s. CESEDA) et de l’hospitalisation sous contrainte des per- sonnes incapables d’exprimer leur consentement (L. n° 2011-803, 5 juill. 2011, puis L. n° 2013-869, 27 sept. 2013).

Précisément, dans ce contexte, quel est l’intérêt de la nomination de ce magistrat par décret ?

Les exemples ci-dessus montrent très bien que, partant de l’unique contrôle de la détention provisoire, le juge des libertés et de la détention est devenu en quelques années, au bénéfice d’une extension considérable de ses compétences dans les domaines les plus variés, y compris le champ civil de l’hospitali- sation sans consentement, un véritable juge de l’investigation et de la contrainte. Peu à peu mais de manière très déterminée, le législateur lui a confié le contrôle de quantité de situations où les personnes subissent, sous diverses formes, une restriction plus ou moins importante de leurs libertés. Or ce foisonnement de compétences, cette richesse de fonctions, s’accommodent mal de la situation actuelle relativement précaire du juge des libertés et de la détention, dont la nomination et le maintien sont décidés par le président de la juridiction. Depuis déjà quelques années, il apparaissait avec évidence que son statut, tel que défini par la loi du 15 juin 2000 dans des conditions très diffé- rentes, n’était plus compatible avec l’accroissement et l’impor- tance de ses charges. Tirant lui-même les conséquences de ses choix, et témoignant aussi de la confiance qu’il place dans la fonction de juge des libertés et de la détention, le législateur souhaite donc conférer à ce magistrat l’habit de juge spécialisé qui désormais lui sied, satisfaisant ainsi non seulement à une ancienne et légitime demande, mais aussi à une évidente néces- sité de cohérence judiciaire.

 

Source :  http://www.village-justice.com/articles/nomination-juge-des-libertes-detention-par-decret,22672.html#7SguX5jAcCPoWwTi.99

 

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POUR EN FINIR AVEC LA MISE A MORT DE KAMEL BOUABDALLAH

Nous appelons à être présents les 20, 21 et 22 juin 2016 à la cour d’assises d’appel de Grenoble qui va décider du sort réservé à Kamel Bouabdallah, 28 ans, condamné en première instance par la cour d’assises de Valence à vingt-cinq ans de prison.
25 ans !

Kamel a déjà passé plus de 10 ans derrière les barreaux !
Plus d’un tiers de sa vie en prison !

De ses écrits, qui ont traversé les murs, et par sa volonté de dire la prison à toutes et tous, nous avons souhaité que ses mots francs et directs puissent être partagés. Ainsi, le collectif de soutien Kamel-Libre a vu le jour. Nous, amis de Kamel et de sa famille, refusons que lui comme d’autres êtres humains soient condamnés à mourir enfermés.

« La prison mène à la prison. »    

Kamel a à peine 15 ans lorsqu’il entre pour la première fois en prison. À partir de là, les peines s’enchaînent et le passage à l’âge adulte s’opère derrière les barreaux. Quand il sort à l’âge de 21 ans, il essaie de se reconstruire en travaillant et en re-découvrant la vie à l’extérieur. Mais c’est sans compter que les traumatismes occasionnés par la vie en prison ne s’effacent pas le jour de la sortie et qu’il est difficile de trouver sa place dans la société après des années d’enfermement.
En mai 2011, avec un complice, il va braquer six commerces avant d’être pris en chasse par la police. Le scooter dérape. Kamel veut fuir… Dans un moment de panique et désespéré, il frappe de la crosse d’un pistolet le policier, avant d’être arrêté.

« À ce moment-là, je préférais mourir que d’aller en prison. »

L’histoire de Kamel et de tant d’autres nous pousse à questionner les rouages de l’univers carcéral et par là-même ceux d’une société qui fabrique l’exclusion. Par notre présence devant le tribunal, nous souhaitons pointer l’absurdité d’une politique qui n’a de cesse d’infantiliser, d’humilier et de torturer celles et ceux qu’elle prétend vouloir ré-insérer.
La justice, au lieu de lui laisser cette prétendue possible ré-insertion, a prononcé en première instance une peine “d’élimination sociale” et elle pourrait même l’aggraver avec une condamnation qui peut aller jusqu’à 30 ans…  Aujourd’hui, il n’est pas libérable avant 2036.

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« Frustrés de tout, privés à l’excès, humiliés ».

Lors du procès à Valence, ni Kamel ni ses proches n’étaient prêts à une telle mise-à-mort. Ils ne pensaient même pas à la défense possible de leur fils, de leur frère, tant ils imaginaient un système irréprochable, tout du moins juste. Ils n’ont pu que constater à leurs dépends que la parole des proches n’a pas de prise, pas de poids, et que, la plupart du temps, pour les magistrats, elle ne peut être considérée, ni même entendue.
Près de deux ans après, c’est plus forts de rencontres entre les uns et les autres que nous allons accompagner la défense de Kamel. D’une part pour qu’il ne soit pas vaincu d’avance, d’autre part pour briser l’indifférence coutumière dans laquelle se succèdent les procès en assises et la délivrance de tant d’années de peine de prison, de plus en plus longues et de plus en plus nombreuses.

Les peines s’allongent sans cesse, au fur et à mesure des lois qui durcissent le code pénal. Ce ne sont plus seulement les actes qui sont condamnés mais les personnes elles-mêmes. Leur prétendue “dangerosité” est déterminée en fonction de leurs profils socio-judiciaires, de leurs comportements en prison, sur la base d’expertises psychiatriques et d’hypothèses sociologiques ou médicales douteuses… La sortie de prison, plus qu’un parcours du combattant, est un véritable labyrinthe, surtout pour les longues peines : les peines de sûreté (temps pendant lequel il ne sera pas possible pour le prisonnier d’obtenir un quelconque aménagement) qui de la moitié du temps de peine passent à ses deux tiers ; le cumul de peines pour le moindre incident survenu en détention ; les permissions de sortie sans cesse repoussées ; le passage obligé par le centre national d’évaluation ; la libération conditionnelle comme une chimère… Ce que disent habituellement les juges aux jurés sur les remises de peine est faux : celles et ceux qui sont condamnés à des peines de 25 ou 30 ans les purgent dans leur totalité ou presque.

« M’enterrez plus, posez les pelles ! »

Il est dur de rester passif quand on prend acte de la masse de violences et de souffrances qu’engendre l’enfermement, avec comme seules promesses : cellules, coursives, cours de promenades, cachots, transferts, cellules de confinement, quartier d’isolement, services psychiatriques dans la prison et prison dans les hôpitaux psychiatriques…

Le collectif Kamel-Libre appelle à se réunir à l’occasion du procès de Kamel Bouabdallah qui se tiendra du 20 au 22 juin 2016 à la cour d’assises d’appel de Grenoble. Nous pensons qu’il est vital de visibiliser ce procès comme tant d’autres et d’élargir la solidarité auprès des prisonnières et prisonniers longues peines.

« Merci de vous soucier de nous, souillés, laissés rouiller, sans amour et sans lumière. »

 

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EMISSION DE RADIO frontline ” le combat de la famille Blaise”

Emission Frontline – F.P.P. du 13 mai 2016 avec Juliette pour revenir sur le combat de la famille Blaise après la mort en prison de leur fils Eric Blaise.

http://lignedefront.free.fr/frontline_13mai2016.mp3

Blog : http://ericblaise.canalblog.com/

Vidéo “Le combat de la famille Blaise” : http://www.youtube.com/watch?v=XZSpH3e07fA

Tracklist :
1) Elaine Brown “Until we’re free”
2) Extrait de la vidéo “Le combat de la famille Blaise”
3) The Lumpen “Free Bobby now”
4) 2Pac “Dear mama”
5) Rebeca Lane “Poesia venenosa”
6) Gabylonia “Yo soy”
7) Billie Brelok “Vertigo”
8) Fils du Béton “Le jour le plus long”
9) Spartaco feat Sitou Koudadjé “Pueblo”

BBoyKonsian.com – Palante Bbk

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VIDEO SUR ERIC BLAISE MORT AU MITARD DE FLEURY-MEROGIS EN 2005

La famille Blaise s’est battu 10 ans pour connaître la vérité sur la mort de Eric décédé dès sa première nuit à la prison de Fleury-Merogis.

10 ans après ni vérité ni justice n’ont été rendu à la famille.

Une vidéo à été faites pour expliquer le combat judiciaire que la famille a dû mener et tenter de retracer la vérité sur ce qui est arrivé à Eric.

N’hésitez pas à faire tourner et à diffuser cette vidéo! Aussi pour récupérer des stickers ou toute autre action de soutien n’hésitez pas à nous tenir au courant et à nous contactez !

lalibrelucha@gmail.com

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Repas de soutien à Aycha

Titre: Repas de soutien à Aycha
Lieu: le condo 43 rue de stalingrad, 93100 Montreuil ( M° mairie de montreuil )
Lien vers: Cliquer ici
Description: repas de soutien à Aycha victime de la double peine
*La double peine c’est le fait qu’une personne de nationalité étrangère
ayant commis un crime ou délit puisse, en plus d’une peine de prison,
faire l’objet d’un arrêté d’expulsion ou d’une interdiction du territoire
français (ITF), voire même les deux.*
Heure début: 19:00
Date: 2016-03-29
Heure fin: 23:00

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Jacqueline Sauvage va au CNE ( centre national d’évaluation )

Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent et graciée «partiellement» par le président François Hollande, a quitté ce lundi matin le centre pénitentiaire de Saran (Loiret) pour une évaluation psychologique et médicale en vue d’une libération.

Elle a été transférée au Centre National d’Évaluation (CNE) de Réau (Seine-et-Marne).

La durée réglementaire de cette procédure est d’au moins six semaines durant lesquelles elle fera l’objet d’une évaluation psychologique et médicale. La mère de famille va voir des psychologues, des psychiatres et des travailleurs sociaux. A leur charge d’évaluer le degré de «dangerosité» de Jacqueline Sauvage. Autrement dit le risque de la voir récidiver.

La commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté, présidée notamment par le préfet du département et un bâtonnier, devra décider ensuite si elle est favorable à sa libération.

Libération possible en avril

Le président François Hollande a accordé dimanche dernier une grâce présidentielle «partielle» à Jacqueline Sauvage, 68 ans, qui pourrait ainsi être libérée dès la mi-avril. Le chef de l’Etat a accordé à Mme Sauvage «une remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois ainsi que de l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir»,.

Cette grâce lui permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Le 3 décembre, la cour d’assises du Loir-et-Cher avait confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de Jacqueline Sauvage, reconnue coupable d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal.

 

Source : http://www.lalsace.fr/actualite/2016/02/08/jacqueline-sauvage-quitte-sa-prison-aujourd-hui
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10 ans de prison pour avoir tué son mari violent

La cour d’assises de Loir-et-Cher a confirmé aujourd’hui en appel la condamnation à dix ans de réclusion d’une femme reconnue coupable d’avoir tué son mari en 2012, après plusieurs années d’enfer conjugal fait de coups et d’abus sexuels sur elle et ses enfants. Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage, 66 ans, a tué son mari de trois coups de fusils dans le dos. Elle avait été condamnée le 28 octobre 2014 par la cour d’assises du Loiret à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari.

“La légitime défense n’est absolument pas soutenable. Aux violences de son mari, elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire. Face à un coup de poing qui se solde par trois jours d’ITT, elle tire trois balles”, a dénoncé l’avocat général. “Trois coups de feu tirés dans le dos, ce n’est pas admissible”, a-t-il martelé.

Pour la défense, Me Nathalie Tomasini avait au contraire demandé aux jurés de “prendre la mesure des conséquences irréversibles des violences faites aux femmes”. L’avocate leur avait demandé de “repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales” en prononçant la relaxe de l’accusée. “Fracassée pendant 47 ans, psychologiquement et physiquement, elle présentait les syndromes post-traumatiques des femmes battues”, a plaidé Me Tomasini. “Elle savait mieux que quiconque qu’il pouvait, ce soir-là, passer à l’acte et mettre à exécution les menaces de mort qu’il avait proférées toute sa vie”, selon l’avocate.

Au cours du procès, Jacqueline Sauvage a longuement évoqué ses relations avec Norbert Marot, son défunt mari, qu’elle a connu quand elle avait 14/15 ans alors qu’il sortait de maison de correction, et dont elle était “éperdument amoureuse”. “Je l’avais dans la peau”, a-t-elle répété à plusieurs reprises. “Jacqueline Sauvage se trouvait dans une situation de dépendance qui s’est installée au fil des années”, son mari “la dominait complètement. Elle était devenue sa chose. Elle était sous son emprise”, a plaidé son autre avocate, Me Janine Bonaggiunta.

Un pot commun pour Jacqueline a été mis en place par une association feministe : https://www.lepotcommun.fr/pot/75tthd5

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/12/03/97001-20151203FILWWW00425-10-ans-de-prison-pour-avoir-tue-son-mari-violent.php
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Sur la non-actualistation du site et la lutte pour les personnes détenues

Ce site a été ouvert en 2012… Avant ce site nous étions quelques un(e)s à être soit touché(e)s de manière directe ou indirecte par la prison soit impliqué(e)s d’une manière ou d’une autre dans des luttes pour la justice et/ ou pour dénoncer l’enfermement.

Nous avons recueilli(e)s des témoignages de l’intérieur, posé(e)s des questions à des  détenu(e)s et d’ancien(nne)s détenu(e)s… Nous avons  été ( et sommes) en relation avec des avocats, nous avons assistés à des procès, soutenus différents prisonniers; nous soutenons des proches de personnes détenus; des proches de personnes tuées soit par la police soit par les matons….

Nous avons mis en place pendant plusieurs mois une permanence pour les proches de prisonniers… En parralléle nous étions quelques unes à avoir des parloirs… Bois d’arcy, Fleury-merogis, fresnes, Villepinte, Nanterre, bapaume… On connait… On a tractées devant ces prisons, discutés avec des familles de personnes incarcérées… Essayées de réfléchir à des questions… Comment nous à l’extérieur on peut se mobiliser ? Qui attaquer et avec qui s’allier et se défendre contre nos institutions qui au lieu de servir le peuple le dépossède de ces droits et de ses possibilités… C’est comme les avocats, sérieux combien travaillent avec les personnes au lieu d’assister les personnes sans leur apprendre à comment se défendre… ?

Il n’y avait pas grand monde aux permanences pour les proches de détenus; au maximum nous étions 6…. Je ne blâme personne ( à part ceux qui travaille pour les institutions! ); déjà se rendre au parloir prend du temps et de l’énergie et on oublie souvent cela : Comment notre énergie se dépense vite et comment on peut vite se décourager dans la lutte quand on ne voit pas d’avancée…

Nous n’avons pas continué(e) les permanences… Nous n’étions pas suffisamment pour se relayer comme sur ce site qui a du mal à se faire actualiser du fait de nos vies chargées.

L’enfermement est quotidien, mental… on le sait quand parfois certains en prison se sente plus libre qu’a l’extérieur… Parce que la société est une immense prison…….

Ca me rappelle Abdel Hafed Benotman avec qui nous étions un peu en lien et qui ne manquait pas de nous rappeler que la liberté était une lutte de tous les jours que cela soit en prison comme en dehors…. Notre liberté individuelle se construit par l’autonomie et l’indépendance d’esprit… Pour ce qui est de la liberté de nos actes et de la liberté collective c’en est autre chose… Elle n’existe ni en prison ni dehors. Elle est à construire tous les jours par des efforts collectifs et individuels, par la volonté de vouloir faire avec les autres. Se construire avec les autres pour que la liberté soit avant tout une question d’égalité. Il s’agit donc aussi de justice…. Car comment peut-on parler de justice dans des pays où chacun n’a pas la même liberté, ni de paroles ni d’actes…. ?

A.H. Benotman Resist In Peace…. ou Rest In Power….  Il a beaucoup apporté et rien que avec son humour et sa personnalité…. tout ceux qui connaissent un peu de son histoire et notamment carcéral savent que c’est la taule qui a en partie niké sa santé. Il a été en taule pour sa liberté de mouvement… Comme beaucoup d’autres qui ne cherchent au fond pas grand chose d’autre que de l’autonomie… quand bien même ce n’est jamais formulé on le sait….

Où je voulais en venir ? au départ je voulais rappeler pourquoi ce site n’est pas toujours actualisé… mais  il faudrait surtout que je parle de tous ceux qui ne lutte pas réellement pour les personnes détenu(e)s ni contre l’enfermement mais qui vivent ( financièrement et intellectuellement ) sur l’incarcération des personnes…

C’est cela que je voulais dire, combien il est dur de se trouver des alliées qui lutte sans aucun autre intérêt que ceux des autres/ du collectif… Ils sont rares car combien sont les “spécialistes” ( avocats, juristes et autres…) qui au lieu d’aider rackettent des familles en leur faisant espérer la liberté, la justice, la vérité ?  *

Voilà c’est un petit message de rage et d’alerte…. Pour tous ceux qui se demandent pourquoi des initiatives contre l’enfermement n’ont pas/ plus beaucoup lieu…. 

Parce que l’energie et les bonnes volontés ( sincères) manque tout simplement…. Mais n’oublions pas que lutter contre l’enfermement est sans fin… Tant que l’humain choisit la facilité plutôt que la réflexion et l’action… La liberté est loin….

N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez relancer des choses, si vous connaissez des bons avocats ou autres collectifs prêt à mener des luttes par exemple contre les entreprises qui profitent de la prison ( par exemple sodexo ! Bouyguyes etc… ) ou simplement pour apporter toujours plus de vérité sur les agissements de nos institutions et de la justice !

A bientôt ?!

contretousleslieuxdenfermement@gmail.com

*Je ne citerais personne publiquement parce que c’est une perte d’énergie mais si vous avez besoin de conseils sur des associations ou des avocats susceptibles de vous aider si vous avez un problème avec la justice n’hésitez pas à nous contacter. 

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NOVEMBRE 2005- NOVEMBRE 2015 : 10 ANS QUE ERIC BLAISE A PERDU LA VIE A la prison de FLEURY- MEROGIS

10 ANS DE DENI DE JUSTICE POUR LA FAMILLE BLAISE.

Rappel des faits :

Eric Blaise, 27 ans, est interpellé avec des amis alors qu’il s’amusait à tirer sur des canettes de bière avec un simple pistolet à billes. Il est condamné en comparution immédiate à quatre mois de prison dont 2 mois ferme.

Il rentre le samedi 12 novembre à Fleury-Mérogis, il est retrouvé mort le dimanche matin. Pour l’administration pénitentiaire, Eric se serait donné la mort en se projetant contre les murs de sa cellule. Pourtant sa dernière lettre en prison contredit la thèse du suicide, et les photos prises par la famille à la morgue, visage recouvert de bleu, semblent au contraire indiquer que des violences lui ont été portées. Les témoignages des medecins et des gardiens comporte beaucoup de contradictions. Et malgré deux versions des possibilités de sa mort lors des autopsies la justice a requis un 1 non lieu.

 A l’heure actuel ni l’administration pénitentiaire ni la justice n’a reconnu sa responsabilité.

 Comment se fait-il que des vies sous la responsabilité de l’état peuvent être arrachées et que pour obtenir reconnaissance les familles doivent se battre ?

*Nous devons nous battre afin que les détenu(e)s mais aussi leurs familles soient respectées.*

AIDEZ NOUS A RETABLIR LA VERITE ! 

Si vous connaissez un médecin qui travaille ou aurait travaillé en prison et qui serait prêt à témoigner pour montrer la responsabilité et l’incohérence de ce qui est dit sur l’agissement des médecins à l’encontre d’Eric Blaise, faites signe et faites passer svp! c’est important pour rétablir la vérité et la responsabilité des medecins en millieux carcéral.
N’oublions pas que ce sont ces derniers qui “valide” la mise en détention en disant si la personne est apte ou pas à être enfermée !

Plus d’infos sur : https://www.facebook.com/Pour-Eric-Blaise-Et-Toutes-Les-Autres-Personnes-Mortes-En-Prison-411316952401067/

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Nouveau suicide à la prison de Fleury

 Un homme a été retrouvé mort, mercredi soir, dans la prison de Fleury-Mérogis. Ce détenu âgé de 35 ans, incarcéré au bâtiment D 5, se serait pendu. C’est le deuxième détenu qui se serait suicidé de cette manière dans cette aile de la plus grande maison d’arrêt d’Europe en deux semaines.Car le 20 octobre, un homme d’une cinquantaine d’années, placé au quartier des arrivants, dans le D 5 se serait pendu lui aussi dans la nuit.

Le quartier des hommes de Fleury compte actuellement un peu plus de 3 000 détenus.

Source : http://www.leparisien.fr/fleury-merogis-91700/nouveau-suicide-a-la-prison-de-fleury-06-11-2015-5254371.php

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