Procès de Christine: Le parquet a requis un an de prison. Le tribunal rendra sa décision le 21 novembre.

Au tribunal : la bergère emprisonnée défend ses droits bec et ongles

Une bonne vingtaine de personnes soutenaient par leur présence la prévenue, jugée hier après-midi en comparution immédiate. Vers 13 heures, ces personnes ont distribué des tracts avec des liens vers le site Rebellyon, qui consacre plusieurs articles à la bergère de la Drôme. Une affaire judiciaire qui tend à verser dans le politique.

Le dossier bapalmois de cette détenue avait fait l’objet de trois renvois. Elle qui était bergère dans la région de Sisteron est incarcérée depuis le 8 novembre 2012 pour altercation avec un représentant de l’autorité pénitentiaire. Cette femme de 42 ans a vu sa peine s’allonger car elle a, à plusieurs reprises, fait l’objet de plaintes, pour violences envers des surveillants pénitentiaires. Elle a ainsi été incarcérée dans différentes prisons avant son transfèrement, en avril, au centre de détention de Bapaume. Elle est aujourd’hui emprisonnée à Sequedin. Par ailleurs, elle a douze mentions à son casier judiciaire, liées à la contestation de l’autorité. Arrivée au tribunal hier sous escorte renforcée, comparaissant depuis le box, elle expliquera que durant son premier mois à Bapaume tout s’est bien passé. Mais un incident vient gripper la mécanique : une surveillante lui interdit l’accès à la salle de sport car il faut se faire inscrire et elle ne l’est pas. Elle rétorque qu’elle fréquente cette salle depuis trois semaines et ne prétend pas y renoncer.

À partir de ce moment, les conflits se multiplient entre la détenue et les surveillants pénitentiaires. Jusqu’à des violences envers l’un d’eux le 25 mai 2013, assorties de menaces sur un de ses collègues. De nouvelles violences le 28 mai, toujours envers un surveillant, une inscription à la craie sur le mur de la cour de promenade le 29 mai, l’incendie de sa cellule le 30. La prisonnière a également refusé de se soumettre à une prise d’empreintes le 12 juin. C’est pour ces faits qu’elle était jugée hier. Le président du tribunal rappellera les faits, le contexte, en se basant sur des témoignages qui la décrivent comme agressive, toujours dans la confrontation et la provocation. Son parcours carcéral est émaillé d’incidents ayant un élément déclencheur identique : la détenue demande à faire valoir ses droits, et ce de façon radicale car les textes, elle connaît, « contrairement à l’immense majorité des personnes enfermées », rappellera-t-elle. Ainsi, elle bouscule son monde en demandant à téléphoner à son avocat autant de fois qu’elle le souhaite quand elle est au quartier disciplinaire, par exemple. Là où elle n’est plus dans son droit, c’est quand elle s’en prend physiquement aux surveillants. Au point que pour lui apporter son repas du soir, l’un d’eux se munira d’un bouclier. L’expert psychiatre décrit dans son rapport sa posture vindicative, sa tendance à tout « théâtraliser », son absence de remise en question. Conscient de ses difficultés à se plier à la règle carcérale, il préconise aux magistrats de recourir au maximum au sursis.

La bergère veut revenir à ses moutons, « ses potes, et pisser dans l’herbe et pas dans de l’eau potable ». Mais l’avocat de l’administration pénitentiaire, soulignant la difficulté du métier de surveillant, ses nécessaires qualités de médiation, veut couper court à la réputation de « moutons noirs » que ces professionnels traînent, sur les pages internet rédigées par les partisans de la détenue.

Le parquet a requis un an de prison. Le tribunal rendra sa décision le 21 novembre.

 

Source : http://m.lavoixdunord.fr/region/au-tribunal-la-bergere-emprisonnee-defend-ses-droits-ia29b0n1555436
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