Après Abdelhak Goradia, Alger demande des précisions à Paris sur la mort d’un autre Algérien à Colmar

Un deuxième algérien est mort, le 26 août dernier, au cours de son transfert de la prison de Strasbourg vers le Palais de justice de Colmar. Cinq jours plus tôt, le 21 août, Abdelhak Gorafia, 51 ans, est mort dans des conditions troubles lors de son transfert par la police française vers l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle, en exécution d’un arrêté ministériel d’expulsion.

Ce nouveau cas d’un Algérien mort au cours d’un transfert est évoqué dans un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères au siège duquel l’ambassadeur de France, André Parant a été reçu lundi par le SG par intérim du ministère des Affaires étrangères, Hocine Meghar, consacré au « suivi » de l’affaire Gorafia.

« Le secrétaire général par intérim a soulevé avec l’ambassadeur de France le décès, intervenu le 26 août 2014, d’un autre ressortissant algérien, lors de son transfert de la maison d’arrêt de Strasbourg au palais de justice de la ville de Colmar et exprimé l' »urgence de disposer de précisions sur les circonstances de ce drame », indique le communiqué des affaires étrangères.

Le communiqué des affaires étrangères ne donne pas l’identité de l’Algérien tué au cours du transfert vers le palais de justice de Colmar. Il s’agit de Hocine Bouras, 23 ans, natif de Colmar, tué par un gendarme au cours de son transfert vers le palais de justice de Colmar où il devait être entendu par un juge d’instruction dans une affaire de vol à main armée.

Le parquet de Colmar a requis jeudi la mise en examen, pour coups volontaires ayant entraîné la mort, du gendarme à l’origine du coup de feu fatal. « J’estime que la légitime défense n’était pas strictement constituée sur un plan juridique », a indiqué le procureur.

Sur l’affaire Abdelhak Gorafia, le SG par intérim des affaires étrangères a insisté, en particulier, pour que les résultats des enquêtes administratives et judiciaires diligentées par les autorités françaises compétentes ainsi que le rapport de l’autopsie soient communiqués, « dans les meilleurs délais possibles » à la partie algérienne.

Evoquant « l’émotion » provoquée en Algérie par ce décès, le communiqué des affaires étrangères souligne que la  » remise aux autorités algériennes de toutes les informations et documents sur les causes et les circonstances de cette mort, contribuera à établir, dans la transparence, le déroulement exact et précis des faits, qui ont entraîné la mort de notre ressortissant, et à en situer les responsabilités éventuelles des intervenants ».

« Un certain nombre de questions ont été, également, posées notamment sur la notification d’informations sur la détention du citoyen algérien durant son séjour en France, les liens familiaux et privés qu’il a établis et les droits qu’il a accumulés ».

L’ambassadeur de France « a assuré le secrétaire général par intérim que les autorités de son pays seront informées des préoccupations exprimées par la partie algérienne et indiqué que les enquêtes appropriées sont en cours et que leurs résultats seront transmis, aux autorités algériennes », conclut le communiqué.

Affaire Goradia : « La police gravement mise en cause », selon Mediapart

« La Police est gravement mise en cause  » dans la mort d’Abdelhak Goradia, Algérien de 51 ans, par « asphyxie » indique Mediapart qui cite des proches du défunt faisant état d’hématomes sur son visage.

Alors que le parquet de Bobigny ne communique plus sur l’affaire et renvoie au ministère de l’intérieur, des proches qui ont vu le corps de la victime à l’institut médicolégal de Paris font état d’hématomes sur le visage.

« Un gros bleu au niveau du nez, un bleu sous l’œil gauche, des bosses et un creux au niveau du crâne » a indiqué Houari Goradia, le neveu de la victime. Selon lui, la sœur et le frère de la victime, qui habitent en région parisienne, entendent se constituer partie civile.

Cédric Caste, du syndicat Unité Police SGP-FO pour la police aux frontières (PAF) de Roissy a expliqué à Mediapart comment les policiers ont procédé face à Abdelhak Goradia qui était « assez virulent ».

« Comme il était assez virulent, les policiers de la Cotep se sont mis à quatre ou cinq pour l’entraver. Ils ont écarté une lame de rasoir. Ils ont protégé sa tête avec un casque de boxe et l’ont allongé dans le fourgon, entravé aux mains et aux pieds. « .

Ce n’est, a-t-il ajouté, qu’à l’arrivée à l’unité d’éloignement de l’aéroport de Roissy, à 19 h 45, que les policiers  » se sont rendus compte qu’il était bleu ».

L’avocat de la victime, Soheil Boudjelal note que la version de départ – crise cardiaque – est totalement contredite. « Il n’est pas mort naturellement mais s’est étouffé devant les policiers ou sous l’effet de leurs contraintes. Ce qui suppose des convulsions et une mort atroce. Comment peut-on ne pas porter secours à quelqu’un qui s’asphyxie ? « 

LIRE AUSSI: L’Algérien mort au cours d’une expulsion à Paris n’aurait pas succombé à une crise cardiaque : http://www.huffpostmaghreb.com/2014/08/23/algerien-mort-paris-roissy_n_5702775.html
 
Source  : http://www.huffpostmaghreb.com/2014/09/03/abdelhak-goradia-_n_5756878.html

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