(Besançon) En visite à la prison, il frappe un gardien : 3 mois de prison

Un véritable pugilat entre un surveillant pénitentiaire et le frère d’un détenu venu lui rendre visite. La scène incongrue s’est déroulée en décembre dernier dans la cour intérieure de la maison d’arrêt de Besançon.

« Dépêchez-vous ! » L’ordre donné le 22 décembre dernier à une famille qui venait porter un colis de Noël à un détenu a déclenché une véritable bagarre dans la cour de la maison d’arrêt de Besançon entre plusieurs surveillants et un visiteur de 21 ans. Dans la rixe un gardien était légèrement blessé et le jeune homme répondait devant le tribunal correctionnel hier d’outrages, violences et rébellion sur les fonctionnaires. Calme, posé et pointilleux le prévenu assure avoir simplement demandé « un peu de respect » au surveillant qui intimait dans la cour de la prison l’ordre de se « dépêcher » à son père de 77 ans et à sa sœur malvoyante. « Il s’est avancé, m’a mis le front sur le menton et s’est collé à moi », explique le prévenu qui reconnaît avoir alors repoussé le fonctionnaire qui est tombé. Tout a ensuite dégénéré. « Il m’en a mis, je lui en ai mis », admet-il en regrettant cet engrenage. Une version aux antipodes de celle du surveillant et de ses collègues venus à la rescousse. La victime assure avoir été insultée « sale race », menacée mais surtout délibérément frappée par ce visiteur, frère d’un détenu. Me Dardy, partie civile, évoque les conditions de travail difficile des surveillants en cette avant-veille de Noël, « le rythme effréné des parloirs, 30 minutes par famille ». Elle s’insurge contre la réaction du prévenu à qui « le ton n’a pas plus » et déplore ce « non-événement » à l’origine du déferlement de violence.

« C’est pas du tout la réalité, d’ailleurs j’ai tout de suite demandé à visionner les vidéos, preuve de ma bonne foi », rétorque le jeune homme. Pas de chance, les caméras « ne filmaient pas », assure dans un premier temps l’administration pénitentiaire aux enquêteurs. « Et pourtant l’une des surveillantes visionnait la scène sur son écran », rétorque Me Sandrine Arnaud pour la défense, avant d’ironiser : « On nous a ensuite expliqué que la vidéo était de trop mauvaise qualité. » Et les seuls témoins entendus, outre la famille du prévenu, sont les personnels administratifs alors qu’une trentaine de visiteurs de détenus étaient présents à proximité ce matin-là. « La seule parole dans ce dossier est celle de l’administration pénitentiaire ! » avance-t-elle pour réclamer une relaxe partielle pour son client quand le procureur requiert une peine d’un an de prison dont 6 mois fermes. L’avocate obtient gain de cause et une réduction significative de la peine, un an de prison mais seulement trois mois ferme.

 source : http://www.lepays.fr/doubs/2013/02/07/en-visite-a-la-prison-il-frappe-un-gardien-3-mois-de-prison?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter
le 07/02/2013
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