Plaidoyer pour les justes de Aïssa Lacheb-Boukachache

Dans Plaidoyer pour les justes, Aïssa Lacheb-Boukachache, fils de harki, s’élève contre l’erreur judiciaire dont il a été victime à cause de ses origines. Malheureusement, son cri se perd dans les redondances.

Plaidoyer pour les justes est une harangue violente contre le système judiciaire français qui a condamné Aïssa Lacheb-Boukachache à quinze ans de réclusion criminelle assorties d’une mesure de sûreté de dix années.  » Tout cela pour un simple hold-up où je n’ai tué, blessé, frappé, pris en otage personne « , explique-t-il, amer. Ce qui justifie la colère que l’auteur, fils de harki, laisse exploser dans ses pages.  » J’ai commencé chaque chapitre calmement, je les ai finis dans la haine « , écrit-il dans sa lettre aux maisons d’édition.

Aïssa raconte, la haine au ventre, ses journées qui n’en finissent pas et sa cohabitation parfois hystérique avec son compagnon de cellule, Elie. Ce livre est à la fois une catharsis ( » Il faut gueuler, quelquefois, pour être toujours vivant « ) et un témoignage pour aider  » un seul de ces prisonniers à trouver ou retrouver l’amour de vivre, surtout si celui-là est jeune, démuni et seul « .

Le cri d’Aïssa

Malheureusement, le cri d’Aïssa Lacheb-Boukachache perd de sa force au fil des pages. Les redondances s’additionnent. Et contrairement à ce que dit l’auteur, pour dénoncer, il ne faut pas obligatoirement  » remplir des pages d’écriture « . Un texte plus court aurait été tout aussi incisif. Ce qui dérange aussi, dans le texte, ce sont les affirmations peu objectives qu’assène régulièrement l’auteur.  » Tous les juges sont des salauds, tous les prisonniers des erreurs judiciaires « . Et si le lecteur n’est pas d’accord avec ça, c’est qu’il est forcément l’un de ces salauds qu’Aïssa Lacheb-Boukachache dénonce à longueur de pages.

Les erreurs judiciaires, basées sur le racisme, doivent être dénoncées. Mais lorsqu’on relit les pages écrites par Mummia Abu-Jammal (Afro-américain condamné à la peine capitale en 1982 lors d’un procès inéquitable, qui clame son innocence depuis le couloir de la mort, ndlr), on ressent à quel point il manque quelque chose à Aïssa Lacheb-Boukachache. Peut-être sa part d’humanisme, morte en prison.

source : http://www.afrik.com/article3535.html

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